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Axe Interdisciplinaire de Recherche de l’Université de Nice – Sophia Antipolis

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LIRCES

Laboratoire Interdisciplinaire Récits, Cultures et Sociétés - EA 3159

vendredi 10 octobre 2014


Voir en ligne : Site du Laboratoire

Activité d’André Quaderi en lien avec les Neurosciences :
- Ophélie Engasser (doctorante)
- Ianis Guentchef (doctorant)

Résumé :

La MAA (Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées) se définit comme un syndrome cérébral caractérisé par une détérioration progressive de plusieurs fonctions cognitives dont principalement une altération de la mémoire. La personne souffrant de MAA présente aussi d’autres déficits qui évoluent défavorablement au cours du temps, comme une désorientation temporelle et spatiale, des troubles du langage, des gnosies, des praxies et des fonctions exécutives (American Psychiatric Association, 2003). La détérioration de ces fonctions cognitives est souvent accompagnée de SCPD. Les symptômes psychologiques incluent l’anxiété, l’humeur dépressive, les hallucinations et les délires. La personne souffrant de MAA présente en plus des déficits cognitifs des Symptômes Comportementaux et Psychologiques de la Démence (SCPD). Ces SCPD se caractérisent notamment par des comportements comme la désinhibition motrice (déambulation, tasikinésie), l’agressivité, des troubles alimentaires (refus de s’alimenter), des troubles du sommeil (refus de se coucher) et des troubles crépusculaires (grande agitation et agressivité). Nous considérons en tant que cliniciens que ces SCPD sont à la fois des facteurs aggravant de la dépendance et des causes de l’institutionnalisation du patient.

SOUFFRANCE PSYCHIQUE ET MALADIE D’ALZHEIMER
Toujours sous un angle d’approche métapsychologique, nous considérons donc l’apparition des SCPD comme l’expression d’une souffrance psychique liée à une dépendance importante. L’agonie psychique liée à la MAA conduit à un état de détresse. La personne souffrant de MAA du fait de ces déficits cognitifs et des symptômes apparentés présente un état de perception-conscience largement altérée. Cette perception de son environnement provoque une altération du jugement qui induit une perception paranoïde. Nous pouvons supposer maintenant que la multisensorialité de type Snoezelen met en cohérence la perception qu’a le patient du monde qui l’entoure. La multisensorialité procèderait donc d’une stimulation homogène, cohérente, logique pour une perception altérée. Cette multisensorialité accompagne les déficits, les altérations de la perception de la personne souffrant de MAA. Créer cet environnement multisensoriel revient donc à créer un environnement bien traitant. La multisensorialité déploierait autour de la personne un environnement bon au sens de Winnicott, tout en compensant les altérations de son développement. La variabilité de l’intensité des symptômes en fonction de l’environnement dans lequel vit la personne est un bon indice pour apporter à cette analyse un contenu valide. En ce sens, l’environnement (architecture, soignant, organisation) du patient dément, fait partie de l’approche clinique du dément.